La vengeance de Voldemort

 

Chapitre 1 : Le Manoir de New Castle

 

 

Dans les profondeurs d’une épaisse et obscure forêt d’Angleterre, s’élevait le manoir de New Castle. Cette vieille bâtisse, à l’aspect sinistre par ses façades noires et menaçantes et l’état d’abandon dans lequel elle se trouvait depuis des années, s’ajoutait à sa réputation. Son ombre semblait plonger les gens dans la misère et le désespoir, si bien que les rares personnes assez téméraires pour pénétrer dans cette forêt, avaient le bon sens d’éviter cette déserte et maudite construction, entourée d’un jardin recouvert d’herbes folles, courbées par le vent. De plus, tous les habitants du village voisin, d’un commun accord, la qualifiaient de maudite. En effet, tous ceux qui avaient vécut dans ce manoir, avaient soit disparus dans d’étrange circonstance, soit ils “logeaient”, désormais, à six pieds sous terre, dans le cimetière du village, soit ils avaient préféré fuir le pays, pris, aux dire des habitants, d’accès de folie.

 

            En effet, ces rares personnes qui avaient vécut là-bas et qui avaient pût déménager, loin des côtes anglaises, prétendaient y entendre des hurlements à vous glacer le sang, et des voix sinistres. Les rumeurs prétendaient qu’elle était hantée, mais les rares spécialistes qui avaient tenté de régler le problème avaient tous connut le même sort que les infortunés propriétaires des lieux.

 

            Si bien que depuis plus d’un siècle, le manoir était resté inhabité et commençait à afficher l’absence de restauration. L’aile est du bâtiment s’était, en partie, effondrée, un lierre épais avait envahi les façades obscures et les plaques en contreplaquée qui barricadaient portes et fenêtres. Par endroit, le toit d’ardoises s’était affaissée ou était percé.

 

            Cependant, les rares personnes qui, ces derniers mois, avaient osé s’approcher du château, par mégarde ou par curiosité, avaient rapporté avoir vu des lueurs dans le château, mais personne n’osa y entrer pour vérifier leurs remarques.

 

            Personne ? Et bien non ! En effet, un garçon d’une dizaine d’année, pour répondre au défi lancé par ses camarades s’aventura, un soir d’orage, dans cette effroyable bâtisse.

 

            “- Allez vas-y, Antoine ! le poussèrent ses camarades, depuis le portail du jardin, tandis que le garçonnet pénétrait, en tremblant, dans le jardin à l’abandon.

 

             - N’oublie pas de prendre une photo, pour prouver ton acte !

 

             - Allez, fonce, gros dégonflé ! hurla un de ses camarades. On n’accepte pas les trouillards dans la bande !”

 

            Entendant ces mots, le dénommé Antoine, prenant son courage à deux mains, traversa le jardin, marchant, le long de l’étroit chemin de gravier qui sillonnait, tant bien que mal, entre la végétation sauvage du coin, simplement éclairé, par sa lampe de poche.

 

            Aucune ouverture n’était visible, sur la façade principale du manoir. Antoine, hésitant, contourna le bâtiment. Rien non plus. Soudain, le garçon aperçut une porte, dans le sol qui devait, pensa-t-il, mener à la cave. Mais, à sa plus grande malchance, elle était verrouillée. Il s’apprêtait à faire demi-tour, quand son regard se posa sur un soupirail entrouvert, un peu plus loin. Il l’ouvrit entièrement et, parvint à se glisser, de justesse, par l’étroite ouverture. Il traversa la petite pièce sombre et encombrée d’objets divers, jusqu’à un petit escalier en bois qui menait à une porte qui céda lorsqu’il la poussa pour l’ouvrir. Le garçonnet pénétra alors dans une pièce qu’il reconnut être une cuisine. Il continua, sa curiosité l’emportant sur son habituelle réserve, son exploration et déboucha dans le hall du manoir où un lustre de cristal était suspendu au-dessus d’un escalier en marbre grossier. Les murs, suintants, étaient recouverts de tableaux et le sol froid et pavé répercutaient ses pas. Il s’arrêta au milieu de la pièce, jugeant l’endroit parfait, pour réaliser son défi. Il farfouilla dans le sac que, jusqu’à présent, il avait gardé sur le dos et en sortit une bombe de peinture et un appareil photo et s’avança jusqu’au mur le plus proche de l’escalier. Là, il agita sa bombe et commença à écrire sur le mur quand des bruits de voix, provenant de la pièce voisine l’interrompirent. Il arrêta de “taguer” le mur et, par pure curiosité, s’approcha de la porte, fermée, de la pièce. La personne qui parlait avait une voix froide et glacée, remplie de colère.

 

            “...Incapables ! Autant que vous êtes ! Vous l’avez laissé filer !”

 

            Une autre voix s’éleva, comme un murmure, d’une voix soumise, prudente.

 

            “- Maître ! Nous avons quelque peu perdu la main, après ses longues années d’inactivité à votre service !

 

             - Excuse ridicule, Lucius ! reprit la voix glacée. Vous n’aviez aucune raison de rater ce morveux.

 

             - Maître ! reprit une autre voix. Si vous vouliez bien nous pardonner et nous donner une autre chance, nous nous montrerions dignes de vos attentes !

 

             - Vous pardonnez ? s’exclama l’homme à la voix glacée, en ricanant de façon sinistre. Depuis le temps, vous devriez savoir que le Seigneur des Ténèbres ne pardonne pas ! Mais je veux bien vous donner une dernière chance ! Et cette fois, vous avez intérêt à réussir ! Je me suis déjà débarrassé de Karkaroff, ce lâche. Il me reste encore deux problèmes à régler. Tout d’abord, le premier, éliminer Harry Potter, mais je sais déjà comment je vais m’y prendre pour le supprimer, définitivement, de mon chemin. Ensuite, je vais avoir besoin de vous, pour une autre mission, qui devrait être à la hauteur de vos faibles capacités. J’aimerai que vous m’ameniez ici, de grès ou de force, vivant de préférence, l’un de vos camarades, que j’ai jugé inutile de faire venir aujourd’hui, bien qu’il soit revenu auprès de moi il y a quelques semaines, et qui, j’ai de fortes raisons de le croire, s’est rallier à cet imbécile amoureux des Sang-de-Bourbe et des Moldus, cet Albus Dumbledore.”

 

            Antoine, étonné, se rapprocha de la porte. “Moldus”, “Sang-de-Bourbe”, ces deux mots lui étaient inconnus. Et en plus, ils parlaient de tuer quelqu’un. Il écouta encore plus attentivement, tremblant de terreur.

 

            “J’aimerai donc que vous me l’emmeniez, car il fera partit de mon plan de vengeance contre Dumbledore et son petit protégé ! J’espère pouvoir compter sur votre réussite, cette fois ! continua la voix glacée. Sur ce, vous pouvez disposer, je vous ferai part de mon plan d’ici la fin du mois ! Au fait, Queudver, raccompagne les autres dehors et revient ici, j’aurais à te parler.”

 

            Antoine resta alors figé d’horreur quand il entendit des pas s’approcher de la porte et l’ouvrir. Terrorisé, Antoine, incapable de fuir, fit la première chose qui lui passait par la tête, lorsqu’un homme vêtu d’une longue robe noire et le visage masqué, ouvrit la porte et aperçut le garçonnet. Celui-ci, effrayé, photographia l’homme, le flash l’éblouissant l’espace d’une minute et prit ses jambes à cou, en direction de la cuisine.

 

            “Impédimenta !” lança alors l’homme.

 

            Le garçonnet se retrouva alors, comme figé et fut rapidement entouré par une dizaine de silhouettes vêtues de noires et masquées qui le menèrent, sans ménagement, jusqu’à la pièce d’où ils étaient sortis et qui était, en faite, un salon richement meublé où brûlait, dans la cheminée, un feu ardent.

 

            “- Maître ! s’excusa l’un des hommes, en entrant dans la pièce, tenant Antoine par le bras. Désolé de vous importunez, mais ce garçon nous espionnait.

 

             - Ah oui ? Et bien, s’il a tout entendu, il en sait trop ! Tuez-le !” lança nonchalamment, une voix glaciale qui s’élevait d’un fauteuil qui faisait face au feu.

 

            A ses mots, un des hommes cagoulés sortit sa baguette et la pointa sur le garçon et...

 

            “Oh ! Et puis non, laissez-le-moi, plutôt ! Ca sera un bon divertissement ! Comme ça, je vais vous montrer ce que je réserve aux espions et aux traîtres ! Comment Lord Voldemort traite ceux qui s’opposent à eux !”

 

            L’homme, qui semblait être le chef de la bande, se leva alors du fauteuil, tandis que ses serviteurs, effrayés se reculaient contre la porte, laissant seul, au milieu de la pièce, un Antoine complètement tétanisé et muet de frayeur qui ne put s’empêcher de laisser échapper un cri d’horreur, quand Voldemort lui fit face, sa baguette tendue vers lui. Il voulut faire un pas en arrière, au moment où le Seigneur des Ténèbres lâcha ses simples mots :

 

            “Avada Kedavra !”

 

            Une lumière verte et aveuglante, dans un bruit de bourrasque jaillit alors de sa baguette et frappa le garçonnet, sans lui laisser le temps de faire quoique se soit.

 

            Alors que, sous le rire glacé de Voldemort, le garçonnet tombait, mort, dans le salon du manoir de New Castle, à quelques centaines de kilomètres de là, Harry Potter se réveillait en sursaut, une main plaquée sur le front.

 

 

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